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Elizabeth Pepelnjak

Elizabeth Pepelnjak, adjointe à la participation citoyenne fait le point sur les rencontres de quartier

Elizabeth  Pepelnjak visite

Voilà un an, le quartier Henri-Wallon ouvrait la série des dix rencontres de quartier qui se sont échelonnées par la suite. Quels enseignements peut-on en retirer ? Elizabeth Pepelnjak, adjointe à la participation citoyenne fait le point.

Dix rencontres de quartier c’est peu et beaucoup à la fois...

Elizabeth Pepelnjak : La démarche n’est pas nouvelle à SMH. Maire et élus ont souvent rencontré la population, quelles que soient les équipes et quelle qu’en soit la forme. En 2008, nous nous étions engagés à revenir devant la population. Au bout d’un an de mandat, le moment nous a semblé propice. C’est une étape dans la démarche de participation citoyenne, où l’on veut entendre la population, recueillir sa parole. Je dirais donc que notre objectif était modeste puisqu’il s’agissait d’aller à la rencontre pour écouter, mais aussi ambitieux car la mise en œuvre n’en est pas simple. Partir du particulier pour aller au général, c’est voir en quoi les problèmes particuliers peuvent questionner le “vivre ensemble” dans les quartiers et dans la ville.

Une démarche compliquée ?

Elizabeth Pepelnjak : Il n’est pas toujours évident de faire partager à des habitants, qui vivent passionnément certains problèmes, que nous sommes confrontés à des questions de compétences. Qu’est-ce qui est du ressort de la Ville, qu’est-ce qui n’en est pas. De même comment faire avancer la question des solidarités entre habitants... En sachant que tout cela se passe dans un contexte pas facile pour les Martinérois confrontés à la crise et au chômage, tandis que de leur côté les collectivités territoriales sont touchées par la réforme gouvernementale ainsi que par la suppression de la taxe professionnelle.
Tout cela nous invite à développer le dialogue et le lien social pour travailler les solidarités.

Ceci dit, quels enseignements peut-on tirer ?

Elizabeth Pepelnjak : Notre objectif d’aller vers les gens en organisant dix rencontres a été atteint, même si cela n’a pas toujours été simple, certains par exemple ne comprenant pas que des rendez-vous puissent être différés en raison de l’actualité. Certes, cela a peut-être été un peu long, mais la participation a été intéressante bien que diversifiée en fonction des périodes et des conditions climatiques. Ce sont plusieurs centaines de Martinérois qui ont été rencontrés. Même s’ils ne sont pas venus en masse, ceux qui avaient des choses à dire sont venus les exprimer ; les habitants ont été largement informés : venir ou non était alors de leur libre arbitre pour aborder les thèmes qui leur tenaient à cœur.

Quels furent-ils ?

Elizabeth Pepelnjak : Je les regrouperais en trois ensembles distincts. D’abord toutes les questions concernant la propreté au sens large, c’est-à-dire autant le nettoyage des voies que les déjections canines ou les dépôts de canettes par de jeunes consommateurs. Deuxième ensemble, tout ce qui a trait à la sécurité : problèmes de circulation, de traçage au sol, de circulation des personnes à mobilité réduite ou âgées ; problèmes liés au sentiment d’insécurité vécu à travers des regroupements de bandes ou des incivilités. Des situations que je ne nie pas, loin de là, mais qui montrent que, pour les habitants, il est souvent difficile d’aller vers les autres. Enfin, troisième aspect, ce qui tourne autour de la rencontre avec le maire, où il informe de ses choix et rappelle ses engagements.
Au total de multiples sujets de préoccupations à traiter, même si, dans la plupart des réunions, j’ai entendu avec satisfaction un certain nombre d’habitants rappeler qu’ils apprécient SMH, même si leur déclaration était prolongée d’un “mais”.

Et maintenant ?

Elizabeth Pepelnjak : Je dois dire tout d’abord que ces rencontres m’ont beaucoup aidée dans mon rôle d’élue, et beaucoup appris. Elles invitent à développer maintes réflexions en sus des réponses à apporter.
Elles interrogent d’abord notre action d’élus. On n’était pas là pour se justifier, mais pour écouter. Mais aussi pour se remettre en question.
Ainsi la question de la jeunesse -souvent absente des rendez-vous- mais constamment au centre des interrogations. Elle nous intéresse quant au travail de transversalité : elle n’est pas l’apanage exclusif de la commission “jeunesse”, mais concerne tous les autres secteurs.
Ainsi la question de la participation citoyenne dont j’ai dit que les rencontres étaient une étape. Va-t-elle prendre le relais ? Je pense que oui !

Mais d’un point de vue technique, en ce qui concerne les demandes formulées ?

Elizabeth Pepelnjak : Il y a plusieurs types de réponse. D’abord ce qui a été réalisé tout de suite après : l’élagage de certains arbres, la mise en place de balthazar sur des cheminements piétonniers, le nettoyage de bouches d’égout... En gros tout ce qui pouvait être fait sans engager des moyens considérables. Ensuite ce qui va être fait, mais qui demande approfondissement : rediscussion des modalités, concertation avec habitants du secteur, notamment quand les avis sont divergents, vérification de la faisabilité des choix. Egalement ce qui est lié à un budget à prévoir. Mais il y aura aussi des demandes auxquelles on n’accédera pas et on s’en expliquera.
Pour autant, nous allons veiller à l’information. En apportant des réponses individuelles aux personnes qui ont évoqué des problèmes particuliers. En apportant des réponses collectives aux associations, groupes d’habitants, collectifs ou riverains qui se sont exprimés à plusieurs. En apportant des réponses de quartier sous forme diversifiée (groupe de réflexion, réunion, visite) selon la nature des préoccupations exprimées. Enfin en fournissant une communication généraliste s’adressant à toute la population. J’estime que les habitants doivent trouver trace de leurs problèmes.

En conclusion, c’est donc positif ?

Elizabeth Pepelnjak : Oui, je le pense ! Oh, bien sûr, j’aurais aimé que l’on soit parfois plus réactifs. Il y a des réponses à construire qui nous interpellent. Mais ces rencontres ont été des visites simples et modestes qui ont été de bons moments. Avec 3 temps forts : les rencontres en pied d’immeuble, là où se posaient les problèmes et s’exprimait le ressenti des habitants ; la réunion en salle permettant à chacun d’échanger ; le pot de fin de rencontre où dans une ambiance informelle on pouvait débattre en toute convivialité. Alors je dirais : il faut continuer, il faut refaire de telles initiatives, continuer à tisser nos liens avec la population, à lui donner ce moyen d’expression.

Propos recueillis par Max Blanchard.

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