C’est une longue farandole d’une quarantaine de personnes, réunissant habitants, élus et techniciens municipaux qui a serpenté le long des galeries et places du quartier sous une pluie battante, avant de se retrouver au sec à la maison de quartier Aragon. L’averse n’arrêtant pas le débat, de nombreuses haltes jalonnèrent le parcours, permettant questions et échanges.
Et les sujets s’égrènent : la vitesse sur l’avenue du 8-Mai-1945 ("Le bruit des camions passant sur les ralentisseurs est pénible", signale une riveraine) ; l’avenir du B31* après le départ vers la zac Centre des services du Conseil général ("Nous réfléchissons pour garder des services publics de proximité et loger des associations", expliquent les élus) ; le stationnement ("Certains parkings proches de services publics sont encombrés de voitures ventouses : nous réfléchissons à les limiter par l’implantation d’horodateurs qui permettent l’utilisation des services publics gratuitement mais pénalisent les autres", précisent ces derniers) ; incivilités ("Il est nécessaire que chacun intervienne : moi je le fais !", lance un habitant qui ajoute "L’important c’est qu’on arrive à vivre ensemble !"). Toutes les interrogations sont enregistrées. Le débat de la maison de quartier Aragon eut quant à lui d’autres thèmes, voire d’autres intervenants.
Qualité de vie
L’attachement des habitants à leur quartier, à son originalité dans toute sa diversité et à travers toutes ses contradictions, s’est exprimée avec cœur dans une salle comble.
L’expression de la satisfaction du cadre urbain se mêla rapidement à celle de l’inquiétude devant le vieillissement des bâtiments. "On a une impression de saupoudrage au lieu d’une vraie rénovation" ; "Ca n’a pas bien vieilli" ; "Renaudie est un joyau architectural qu’on a laissé se dégrader". Selon un architecte habitant le quartier : "Mes amis parisiens me disent avec un sifflement admiratif : “ Tu as acheté du Renaudie !” C’est vrai que ça a de la gueule, mais aujourd’hui, il faut avoir une réflexion artistique." Une suggestion étayée par d’autres interventions. Une idée fuse : "Ne faut-il pas faire inscrire le quartier au patrimoine ainsi que d’autres réalisations de Renaudie l’ont été ?" "Une déclaration au patrimoine ?", interroge-t-on, "Il faut bien en mesurer les obligations, c’est désormais essentiellement à la charge des propriétaires !"
La représentante de l’Opac fait état des travaux réalisés et à venir. David Queiros relate les nouvelles lois sur le logement public, notamment liées aux surloyers, "qui ont dégradé la situation et fait partir des gens". Pour José Arias, "Jean Renaudie est mort trop tôt, il n’a pas pu finaliser son œuvre. Le problème de la pérennité de l’architecture est posé à la fois à la ville et aux propriétaires. Le béton a mal vieilli. Nous allons avoir une rencontre avec l’Opac." A l’issue de la discussion, il ajoute : "Il faut voir également qui habite Renaudie : ce n’est pas toujours un choix volontaire. Tous les occupants n’ont pas le même rapport à l’habitat. " Il fut souligné combien la réalité du quartier pouvait être mieux perçue grâce à sa vie intense où les associations sont parties prenantes. "Il y a des outils à mettre en place selon les besoins, en tenant compte des trois partenaires existants : les copropriétaires, l’Opac et la Ville. Nous devons voir comment on s’organise, sans lancer des anathèmes, pour poser les questions et y répondre. "
Pour Elizabeth Pepelnjak, adjointe à la vie citoyenne, ces rencontres participent à une démarche d’ensemble : "Le parti pris de travailler la culture de la participation citoyenne avec les élus et les citoyens, puis de donner suite à des initiatives d’habitants." Et René Proby, maire, de conclure : "Nous ne voulons laisser personne sur la touche, ne pas développer une démarche élitaire, mais œuvrer pour tous ! " MB
* immeuble situé au 16 de la rue du 8-Mai-1945.
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