En 1915, l'Empire ottoman règne sur le Moyen-Orient. Le mouvement "Jeune-Turc", à l'idéologie nationaliste, qui souhaite regrouper tous les Turcs, est au pouvoir.
Dès son entrée en guerre aux cotés de l'Allemagne, l'Empire voit son armée écrasée par les Russes en janvier 1915. Les Arméniens sont alors présentés comme responsables de l'échec : le bouc émissaire est trouvé. C'est l'occasion de se débarrasser de cet obstacle, le plan d'anéantissement ayant été mis en place bien avant la guerre. Prenant prétexte d'une révolte dans la ville de Van, l'opération débute le 24 avril 1915 (d'où l'origine de la date anniversaire) par l'arrestation et la déportation de 700 personnalités arméniennes de Constantinople.
Dès lors c'est toute la communauté qui est pourchassée. Massacres et déportations exterminatrices vont s'ensuivre. C'est la disparition d'une nation entière plusieurs fois millénaire, qui avait été programmée : un génocide.
Un million et demi de membres de la communauté arménienne vont être ainsi exterminés, soit 3 personnes sur 4, tandis que les rescapés chercheront refuge à l'étranger, en particulier en France où ils arrivent massivement en 1923 et à Saint-Martin d'Hères dans les années 28, 29 et 30.
La place du "24 mars 1915"
Né en 1906, il perd très tôt son père victime des Turcs, puis sa mère, de la famine.
Recueilli par une famille kurde il échappe ainsi au terrible génocide de 1915.
Il passe alors de longues années dans un des orphelinats qui hébergent les orphelins arméniens. En 1925, venu en France, il déploie une grande passion pour la culture, et particulièrement la poésie. Il côtoie ainsi des poètes, des écrivains, des artistes, dont Charles Aznavour. Devenu communiste, il s'investit dans de nombreuses causes et c'est tout naturellement qu'il entre en Résistance en 1940.
Emprisonné à plusieurs reprises, il dirige les FTP-MOI de la région parisienne, réalisant avec succès de multiples opérations qui lui vaudront la haine de l'occupant. Arrêté en novembre 1943, il est fusillé par les nazis le 21 février 1944, avec ses compagnons de lutte. Un souvenir immortalisé par la fameuse "Affiche rouge" placardée par les allemands qui sera plus tard le thème d'un célèbre poème d'Aragon.