La mise en valeur et l'utilisation de l'énergie hydraulique par Aristide Bergès dès 1869 se développent rapidement.
Grenoble devient la capitale de la Houille Blanche, la région est en plein essor. Les grosses usines métallurgiques, Joya, Bouchayer-Viallet fabriquent les machines et matériaux nécessaires à l'exploitation de cette énergie nouvelle. De 150 en 1870, les ouvriers mécaniciens, chaudronniers, serruriers… sont 3000 en 1914.
Fournisseur de la première turbine d'Aristide Bergès, Casimir Brenier prend sa retraite. A l'étroit dans Grenoble, son gendre André Neyret et leur associé Charles Beylier transfèrent l'usine de l'avenue de la Gare à Saint-Martin-d'Hères. Ils fabriquent des téléphériques pour la construction des prises d'eau, des turbines, des machines pour les papeteries… Les premiers lotissements sont réalisés.
Peu à peu, les progrès techniques améliorent le confort de la vie quotidienne. A sa création en 1875, le tramway, à traction à chevaux de Grenoble à Gières, utilise une locomotive à vapeur pour gravir la rampe d'Uriage. Le premier transport de l'énergie électrique par fils a lieu en 1883 entre Vizille et Grenoble, Aristide Bergès fabrique, vend de l'électricité et installe les lignes. Neuf ans seulement après l'éclairage public au gaz ( 3 becs dans la Croix-Rouge), les premières ampoules éclairent la grande-rue en 1889. La même année, provenant d'une source de Poisat, l'eau arrive sur les éviers, les premiers compteurs apparaissent. En 1900, Saint-Martin-d'Hères est reliée au réseau téléphonique, le tramway est électrifié en 1901. Dans les logements, les bougies électriques remplacent les bougies de cire, chandelles et lampes à pétrole.
Le 18 décembre 1898 le Conseil Municipal de Saint-Martin-d'Hères vote une délibération autorisant le maire de la commune à signer une convention avec M. Aristide Bergès, Président du conseil d'administration de la Société d'éclairage électrique de la vallée du Grésivaudan.
Au terme de cette convention, la société assurera l'installation et la fourniture d'énergie électrique à la commune, la concession est prévue pour une durée de 30 ans.
La convention initiale prévoit la fourniture ( à titre onéreux ) de vingt ampoules de seize bougies* pour l'éclairage public et de huit ampoules de cinq bougies pour l'éclairage intérieur des bâtiments publics. Le Conseil Municipal fait rajouter à la convention la fourniture gratuite de dix ampoules supplémentaires pour l'éclairage public et d'une ampoule gratuite pour la mairie.
*La bougie est une ancienne unité d'intensité lumineuse.
La ville paye l'électricité au forfait : 20 francs par an pour les ampoules extérieures et 5 francs pour les ampoules intérieures.
La commune de Saint-Martin-d'Hères est cependant obligée de maintenir la conduite de gaz pour l'éclairage privé.
L'installation des conducteurs va pouvoir commencer malgré quelques difficultés :
A ce banquet, assisteront, MM. Gustave Rivet, député, Stéphane Jay, maire de Grenoble, ainsi que différentes notabilités administratives dans le corps des élus, les maires des cantons sud et celles environnantes.
Le Conseil Municipal et le maire prient instamment les habitants de bien vouloir "se rendre en grand nombre à ce banquet ainsi qu'au bal et à la fête de nuit qui suivra, afin de montrer par là un témoignage d'affection et de vive sympathie à tous les invités et en particulier à l'honorable M. Bergès qui nous a apporté la lumière ".
Contre l'autorisation de placer des poteaux, haubans et fils sur leurs terrains, les propriétaires perçoivent une indemnité. Celle-ci est de trente francs en 1910.
En 1919, la société Furge et Morge a absorbé la Société d'éclairage électrique du Grésivaudan, c'est donc avec cette société que le Conseil Municipal va négocier l'extension du réseau :
"Mémoires Vives N°11, Mai 1999"