
Jusqu'à la fin du 18e siècle, les crues de l'Isère et du Drac inondent la plaine. En juillet 1729, l'Isère a quitté son ancien lit. Un méandre disparaît et des terres de Meylan vont passer sur Saint-Martin-d'Hères. En 1783, une nouvelle inondation noie gens et maisons. La construction des digues va enfin remédier à ces catastrophes naturelles. Ce phénomène sera progressivement éradiqué, avec l'assèchement des marais par Camille Teyssère au 19e siècle et le drainage des terres au 20e. Dans la deuxième moitié du 20e siècle, la canalisation souterraine des rivières de la Mogne et du Sonnant, la pose de collecteurs d'eaux pluviales, l'entretien constant des digues, la densification du réseau d'eau potable vont développer l'urbanisation de la plaine
En 1764, avant la construction des digues et l'assèchement des marais, les 300 habitants de la ville résident sur la colline du Mûrier, au pied des contreforts de Belledonne au Village, et à la Galochère. Progressivement, la population va gagner la plaine : 1107 habitants en 1841, 1791 habitants en 1891, 2000 habitants en 1920, 5633 en 1945, 6830 en 1954, 14500 en 1962, 33064 en 1968 et plus de 35 000 habitants aujourd'hui.
L'évolution du réseau d'eau potable va correspondre à cette croissance de la population. Deux phases seront décisives. La première avec l'industrialisation de la Croix-Rouge, surtout à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle, où l'usine métallurgique Picart et Pictet (Neyret Beylier), la biscuiterie Brun, la Sacer et la peausserie Vial seront grandes consommatrices d'eau. La seconde dans les années 60 à la veille des Jeux olympiques d'hiver de 1968, avec l'explosion démographique, la construction des logements et l'ouverture de nombreux services.
En 1862 et 1866, sont créées les deux premières fontaines publiques sur la place du Village et au hameau de Rhue à la Galochère. En 1891, la première distribution d'eau à partir de la source Tronel est mise en service entre Poisat et la Croix-Rouge. En 1929, la commune était dotée de 48 fontaines et 15 lavoirs ! Mais l'eau n'arrivait pas au 1er étage des habitations, faute de pression : la source Tronel est trop basse.
À partir de 1930, la seconde adduction d'eau est réalisée. Elle s'alimente de deux eaux nouvelles en provenance des forages de Malfangeat et de la source du hameau du Bigot. En 1957, douze communes dont Saint-Martin-d'Hères se regroupent en syndicat pour garantir un approvisionnement équitable et de qualité. Et depuis 1962, tous les foyers martinérois utilisent l'eau captée au pré Givel près de Vizille.