Samedi 20 juin, le maire et les élus visitaient le quartier H.-Wallon, privilégiant le contact avec ses habitants. C’est par une promenade en bas des immeubles que le rendez-vous a commencé, pour se mettre en phase avec la réalité et les différentes appréciations et revendications des Martinérois.
Sécurité et proximité
Au premier abord, c’est l’ouverture de la cité par le prolongement de la rue A.-Samain qui, offrant une nouvelle perspective, provoque des appréciations et des interrogations sur les voiries et leur continuité. Ce samedi 20 juin, habitants, élus et techniciens étaient nombreux à faire ensemble l’inventaire des tracas de la vie quotidienne. C’est encore le problème de la vitesse des voitures et des scooters qui souleva rapidement une polémique. Pour y répondre, Rémy Tranchant, directeur de l’aménagement et du développement économique de la ville, annonçait des ralentisseurs, un stationnement en épi et un éclairage public le long de la rue A.-Samain. “Cette voie sera classée en zone 30. La rue Ronsard gardera sa spécificité d'accès piétons et cycles. Enfin, à l’angle de ces deux rues, une petite placette dénommée Rosalie-Franklin, propriété de la Ville, sera créée”, ajoutait-il.
Avec l’augmentation de la circulation, beaucoup de mamans ont manifesté à la fois leur inquiétude pour la sécurité des enfants et leur volonté de profiter de leur quartier. Pour l'une d’elles, “des jeux devraient être installés ici, afin d’éviter d’aller dans un autre parc de la ville”. Concernant la proximité, annonce était faite de l’arrivée prochaine d’une série de commerces du côté du Centre de secours. Beaucoup d'autres points furent soulevés, dont l'emplacement du collège Henri-Wallon en bord d’avenue. René Proby précisait alors qu'un déplacement de la construction avait été imposé comte tenu des distances obligatoires à respecter par rapport à l’oléoduc. Sur ce problème de dangerosité, le principal du collège rappelait : “En ce qui concerne la sécurité, ma responsabilité ne s’exerce qu’à l’intérieur du collège. Les abords relèvent de la compétence de la Police nationale.”
De nombreux points de désagrément
Les aménagements ont fait beaucoup réagir. Les espaces "verts", plus repoussoirs qu’agréables, méritent un autre traitement d’autant que “rien n’est prévu pour les arroser” avouait discrètement un technicien. Un habitant s'exclamait : “Ça ressemble à des champs de patates !” L’essentiel des remarques portait sur la propreté, les éclairages défaillants, les plantations, les bancs, les caves insalubres, etc., des problèmes relevant exclusivement du bailleur-propriétaire. Pour beaucoup, la difficulté était de ne pas pouvoir joindre le responsable technique, considéré comme “abonné absent”. La représentante de l’Opac, Mme Picot - que le maire remerciait pour sa présence - s’évertua alors à répondre à ces nombreuses sollicitations. “Beaucoup de ces sujets vont être examinés et étudiés pour que, par la suite, l’Opac y apporte des réponses.”
Sur la propreté, l’incivilité quotidienne des uns et des autres a été dénoncée. “Les habitants salissent leur propre lieu de vie”, soulignait une maman indignée de ne pas pouvoir laisser son enfant jouer en bas de son immeuble.
Après la visite, poursuite des échanges
La visite terminée, c’est dans la salle Verlaine que se prolongeaient ces échanges. En introduction, le maire René Proby souhaitait vivement que le quartier continue de s’améliorer. “La poursuite de l’aménagement du quartier se traduira aussi par la requalification de la rue Henri-Wallon. En ce qui concerne l’aménagement des espaces verts, il conviendra de solliciter l’Opac 38, y compris en terme de construction de jeux pour les enfants…” Pour donner suite aux questions sur l’insécurité, le maire évoquait une rencontre prochaine avec la directrice départementale de la sécurité publique : “Je m’engage à porter l’ensemble des doléances évoquées en matière de sécurité. Au niveau de l’agglomération, le nombre de policiers ne cessent de diminuer. Dans ces conditions, il est difficile de répondre aux besoins de la population. L’équipe municipale est attentive à ce problème, le nombre d’agents de la Police municipale est passé de 4 à 11 aujourd’hui avec la création de deux postes d’agents de surveillance de la voie publique (ASVP). Mais il convient de ne pas dramatiser la situation.”
Un retraité soulignait que, malgré une lettre pétition, rien n’avait été fait. “Il est dommageable qu’avec une réhabilitation très réussie, l’intendance ne suive pas. Avec des poubelles installées dans les caves, l’organisation est inadaptée. Comment faire un tri sélectif des déchets dans de telles conditions ?”
Mixité et lien social
Pour cet intervenant, “la Loi Boutin, c’est-à-dire la mise en œuvre de surloyers, fera inévitablement partir un certain nombre d’habitants. Qu’en sera-t-il de la mixité ? Cette loi entraînera la création de ghettos dans les quartiers. On dévalorise le logement HLM alors qu’il convient de lui redonner davantage de valeur.”
Elisabeth Pepelnjak, adjointe à la participation citoyenne, s’interrogeait sur l’existence ou non d’associations de locataires qui permettraient d'avoir un interlocuteur organisé et collectif, sollicitant les habitants sur la meilleure façon pour eux de se rapprocher de l’Opac 38. Pour sa part, la représentante de l’Opac 38 rappelait la mise en œuvre d'un comité de gestion et regrettait le peu de participants.
En conclusion, le maire ajoutait que les aménagements à réaliser devaient répondre aux attentes des habitants. “Dans ce contexte financier difficile, l’objectif est de maintenir du lien social afin de faire les bons choix. Car c’est ensemble que la ville se construira.” PM
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