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Créer du lien

Depuis août 2011, six géants de couleur ont vu le jour dans des quartiers de la ville, une initiative pilotée par le service de prévention-médiation pour créer du lien et faire baisser les incivilités. Les géants sont réalisés par les jeunes des quartiers avec une artiste à partir d'objets à recycler. Un géant d'une couleur différente par quartier. Au printemps les géants seront présentés au public dans un même lieu. Ce sera l'occasion d'une belle fête ouverte à toute la population.
Pilote du CLSPD (Conseil local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance), le service de prévention - médiation a pour objectif de coordonner les actions de prévention sur la ville et de faire reculer le sentiment d'insécurité.
L'instance a pour fonction :

Institué par décret du 17 juillet 2002, le Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance constitue l’instance de concertation sur les priorités de la lutte contre l’insécurité autour desquelles doivent se mobiliser les institutions et organismes publics et privés concernés. Son rôle est de favoriser l’échange d’informations concernant les attentes de la population, qu’il exprime en tenant compte de la spécificité des quartiers, et peut définir des objectifs à atteindre grâce à l’intervention coordonnée des différents partenaires. La nature et les modalités d’engagement des moyens des services de l’Etat, notamment de la police et de la gendarmerie, et des collectivités restent toutefois de la seule responsabilité des autorités concernées. Toute commune peut créer un conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance... Il est présidé par le maire ou son représentant.
Sous l’égide du Premier adjoint, en charge de la sécurité, une session plénière du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance, CLSPD, s’est tenue en fin d’année 2010.
Introduisant la réunion, David Queiros dresse un état des lieux des questions de sécurité et de délinquance sur le territoire martinérois, soulignant « des faits de plus en plus répétitifs qui génèrent de l’exaspération dans certains quartiers ». Sur la base de ce constat, il tient cependant à « saluer le travail, la qualité d’écoute et les relations de confiance établies avec les différents partenaires », tout en émettant le vœu « d’un accroissement des moyens humains de la Police nationale pour une plus grande proximité ».
Etat des lieux
Concrétisant cette démarche, Christophe Duverne, directeur de la prévention, de la sécurité publique et de la réglementation de la Ville de SMH, tout en insistant sur la volonté de
« mieux travailler en transversalité », présente la manière dont l’organigramme de son secteur d’activité s’intègre dans ceux des services de la Ville pour une meilleure efficacité, ainsi que les moyens déployés sur le terrain.
Un tour d’horizon complété par Brigitte Jullien, directrice départementale de la sécurité publique, qui évoque les statistiques de la Police nationale en matière de lutte contre la délinquance, épaulée dans son propos par le capitaine Magliozzi, en charge de la division Sud.
En matière judiciaire
Le responsable du service de probation et d’insertion de l’Isère présente son travail ainsi que les Travaux d’intérêt général, TIG, peines alternatives à la prison, réservées principalement aux majeurs. Selon les statistiques, une centaine de Martinérois seraient actuellement condamnés à un Travail d’intérêt général.
Il soulève les difficultés rencontrées à trouver des lieux d’accueil et précise « qu’en cinq ans, ces peines ont augmenté de 35 % ! » Le représentant de la Protection judiciaire de la jeunesse insiste quant à lui « sur le travail de prévention en direction des primo-délinquants, son sens social et éducatif, voire un premier pas pour un passage à l’emploi ». Se félicitant lui aussi du travail partenarial effectué avec la Ville, le porte-parole de l’Association régionale pour l’insertion (Arepi) souligne la réactivité et la qualité du travail réalisé.
Prévention
Jonny Vizzini, responsable du service prévention-médiation, évoque avec précision le travail effectué sur le territoire, rappelle les projets du service, avant d’annoncer la création d’un nouveau groupe “Gestion urbaine et sociale de proximité”. Développant une prévention ciblée, le service organise des “stages oxygène” permettant de sortir des jeunes de leur établissement scolaire pour les associer quelques jours à la vie de services municipaux. Ces stages sont d’une durée de 2 jours à 2 semaines. Il y en a eu 22 pour l’année scolaire 2008/2009 et 17 pour l’année scolaire 2009/2010.
Engagement
Représentant du Préfet de l’Isère, Marc Tschiggfrey, son directeur de cabinet, prend l’engagement d’un soutien aux actions entreprises par la Ville sur la thématique de la prévention de la délinquance dans le cadre du contrat urbain de cohésion sociale. Il rappelle la volonté de l’Etat de renforcer le partenariat au travers d’outils, tels que le diagnostic local, le rappel à la loi, le conseil des droits et devoirs des familles, la médiation, le contrat de responsabilité parentale.
Caméras ou présence humaine ?
Un débat s’ensuit sur le thème de la vidéo protection. S’appuyant sur les orientations gouvernementales, le directeur de cabinet du préfet invite à développer la vidéo protection, tout en convenant « que se pose effectivement une question d’éthique ». David Queiros précise quant à lui « que sur SMH il est préféré et privilégié une présence humaine », expliquant que « si la vidéo protection reste dissuasive, elle crée polémique et dénote d’une attitude attentiste ». Et d’indiquer que la Ville « privilégie le travail personnel, notamment avec les services de police ».
Prolongeant le débat, le représentant de l’Union de quartier Portail-Rouge s’insurge contre la construction d’un commissariat rue Benoît-Frachon, « payé par les Martinérois et n’accueillant que peu de policiers et uniquement pour des missions administratives ». Le directeur des services de la Ville précise que l’Etat s’acquitte toutefois d’une location.
Pour le responsable du contrôle de la prévention de la sécurité à la Sémitag, M. Aïchoun, s’il y a un intérêt d’un système de surveillance sur le réseau bus et tram, « Il faut une réactivité, donc une présence humaine derrière les écrans et sur le terrain ».
Pour un CISPD
Ouvrant une piste pour l’avenir, David Queiros évoque la création envisagée, au printemps prochain, d’un Conseil intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance, sous l’égide de la Métro. Un moyen pour avoir une prise de conscience par la mobilisation collective sur les questions de la prévention et de la sécurité, d’établir un diagnostic commun et des solutions adaptées. Une mutualisation des réflexions pour des réponses communes mieux adaptées.