
Les orientations prévalant pour le budget municipal 2011 ont été tracées lors du Conseil du 24 février par David Queiros, premier adjoint en charge des finances, et ont donné lieu à de nombreux échanges.
"La crise conjuguée à la politique d’austérité politique d’austérité du gouvernement ainsi qu’à sa réforme territoriale étrangle financièrement les collectivités locales. On assiste à une véritable remise en cause de la cohésion sociale", explique le premier adjoint. Il évoque notamment la baisse des dotations d’Etat représentant la valeur de 1 % d’impôt. "Nous aurions pu le répercuter en hausse, mais ce n’est pas le choix que nous avons fait", dit-il, rappelant que l’orientation de la majorité est de ne pas augmenter les impôts cette année encore. Dans un contexte dégradé, l’équipe municipale souhaite confirmer sa résistance au travers de la construction de son budget pour l’année 2011. Des efforts supplémentaires de maîtrise des dépenses sont consentis à SMH de manière à conserver des marges de manoeuvre dans le futur. " Malgré des difficultés grandissantes, il s’agira de confirmer les orientations politiques fortes du début du mandat de manière à ce que notre commune poursuive ses missions d’intérêt public. " Il ajoute : "La défense du service public se traduira en matière économique avec un effort encore soutenu en investissement, en matière sociale - la Ville va procéder à une hausse de participation au fonctionnement du CCAS qui est confronté à une augmentation des besoins liés au vieillissement de la population et aux effets de la crise- en matière d’éducation et d’accompagnement des élèves sur le temps scolaire et extra-scolaire. "
Dans le cadre des budgets annexes, il commentait la vente du patrimoine locatif à un bailleur social (voir page 2), le dispositif présidant à leur mise en place n’existant plus alors que des rénovations sont nécessaires. "Les bailleurs sont aidés alors que ce n’est pas le cas des collectivités aujourd’hui" , précisait-il. Au final, il ne pouvait manquer d’afficher son inquiétude quant aux augmentations annoncées, en matière d’énergies ou de produits alimentaires.
Le débat
Après des demandes de précisions ou questions diverses, le débat s’engageait.
Au nom du groupe EQS, Georges Oudjaoudi soulignait : "Les faits rapportés quant à la politique de l’Etat sont réels et condamnent notre collectivité à mettre en oeuvre un budget restreint. » Le définissant comme un budget “en roue libre”, il estime que cela va contribuer à accentuer les difficultés. "Nous ne pouvons pas laisser estimer que c’est temporaire." Pour
son collègue Pascal Metton, "Chaque année, on nous annonce la fin des haricots et finalement on s’aperçoit qu’il y a toujours de quoi ! " Et de promouvoir une démarche de développement durable, "car avec elle on obtiendra des résultats intéressants ! " Pour Thierry Semanaz (PG), "le budget est d’abord politique". Et de dénoncer "la droite qui corsète les
collectivités". Se félicitant de la pétition municipale lancée voici quelques mois, il ajoute qu’on peut aussi s’inspirer de ce qu’ont fait 58 conseils généraux mettant leur budget en déséquilibre. "Il faut mettre en avant la lutte contre les inégalités sociales et écologiques, sinon on court à la catastrophe." "Il s’agit de dire quelle dynamique on peut créer à SMH", affirme pour sa part José Arias (PC), rappelant les spécificités locales : "Notamment que nous sommes parmi les 3 seules villes du département à posséder un service public de maintien à domicile." Rappelant aussi que les 58 conseils généraux ne sont pas allés
jusqu’au bout de leur démarche, il souligne que cela a toutefois permis de montrer l’anticonstitutionnalité de la position de l’Etat. "Il ne peut y avoir de développement durable sans développement social. Aujourd’hui il y a besoin sur SMH d’une dynamique autour de l’emploi, une dynamique de bassin de vie regroupant tout le bassin urbain grenoblois." Plhilippe Serre (PS) assure que cette année il faut prendre des mesures stratégiques pour assurer l’avenir, "car la crise sera longue et durable". Dénonçant l’effet ciseaux "qui réduit notre capacité à investir durablement", il s’inquiète des hausses des frais de personnel alors qu’il n’y a pas d’augmentation du point de la fonction publique, tandis que, concernant la vente du patrimoine, il estime qu’il faudra "se poser la question de la programmation afin de répondre durablement et préserver le service public pour les Martinérois." Asra Wassfi (Modem) souhaite "que l’on se démarque des phrases idéologiquement creuses", déplore que "l’on pleurniche pour des dotations en moins" et aurait préféré que "la Ville baisse ses taux pour compenser l’augmentation des bases par l’Etat. "Nous avons des orientations solidaires et ambitieuses", relève Michelle Veyret (PC), ajoutant "il est nécessaire de maintenir un service public de qualité." Clôturant le débat, le maire affirmait le rôle des dotations, « notre projet est avant tout de répondre aux besoins de la population en matière de services publics d’intérêt général". Soulignant l’action de la Dotation de solidarité urbaine ("si nous l’avons c’est que nous sommes mal placés quant aux ressources de notre commune"), il notait que la dotation du Conseil général risquait d’être remise en cause compte-tenu de la réforme "or, 1,7 million d’euros, ce n’est pas négligeable!". Et de préciser : "Comment aujourd’hui faire des investissements si on doit tout emprunter ?" MB
Les comptes administratifs 2010 de la Ville ont été approuvés par le Conseil municipal du 30 juin. Ils reflètent l’exécution réelle du budget sur l’année écoulée. On remarquera avec intérêt l’évolution positive des ratios concernant la dette, ainsi que les dépenses d’équipements supérieures à la strate.