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Exposition en ligne

James Granjon et Jean-Frédéric Coviaux

du 21/01 au 26/02/2011 

 
grajnon coviaux une

 

 

Se plonger dans les portraits de Jean-Frédéric Coviaux, c’est éprouver, au-delà de la couche visible, la présence d’un arrière-pays de visages, à la fois daté et intemporel, car délesté de tout pittoresque. Intitulée « L’Anabase», évoquant à la fois l’élévation et la mort, la série d’encres sur papier propose un travail d’appropriation de daguerréotypes dénichés par l’artiste grenoblois. Effigies de vivants ou tableaux postmortem, les portraits témoignent d’un goût affirmé pour l’anonymat. On peut lire une célébration du minuscule dans l’aura de ces figures sobrement captées, en écho à une époque où le geste photographique était rarissime et l’oubli dévorateur. Le portrait vient alors raviver la simple présence immédiate, dans la tension entre le trait méticuleux et la vibration presque tremblée des teintes sourdes. Dans la mélancolie vaguement effarée qui nimbe certains portraits, on sent palpiter la surprise d’être là, d’avoir traversé les eaux d’une peinture éternelle pour voyager jusqu’à notre regard. Une sorte de vertige serein, né de cet arrachement au temps. 

 

 

 
coviaux 1
 
"120309", 2009/2010
Encre sur papier, 1963x114 cm
("L'Anabase", série de 14 peintures)
 
 
 
coviaux 2
 
 
"241008", 2009/2010
Encre sur papier, 104x93 cm
("L'Anabase", série de 14 peintures)
 
 
C’est un tout autre jeu qui préside au travail de James Granjon. Lui ne s’empare pas de photos anciennes, faisant au contraire son miel d’images absolument contemporaines.
Couvertures de magazine et photographies de mode traînent au sol et dans les recoins de son atelier, en plein centre de Valence. On y découvre des stars du cinéma et de la mode, des icônes du showbiz et de la politique, Chirac et Sarkozy côtoyant Nicole Kidman et Virginie Ledoyen. Mais aussi des images de guerre, des visages masqués. Mais encore des photos de familles, des clichés d’enfants et de vacances. « Ma peinture commence là où la photo finit », lâche cet artiste discret, étonnamment investi dans le grand et même le très grand format. Ce passage de relais, c’est d’abord la transformation du lisse en une matière épaisse, en coulures et en surcharges. James Granjon fait plus que donner du grain à ses images, il met le paquet. Recouvrant le dessin initial, ses pâtes colorées viennent, à force de matière et de superpositions, traiter les visages comme des paysages, dans des jeux de couches et de replis. La peinture déborde, elle dépasse son motif initial, la photo quelconque ou ennuyeuse, elle la force à se raconter une nouvelle histoire. « On est en manque de peinture », constate James Granjon. D’où cette obstination à satisfaire notre gourmandise.

 
 

granjon 01 

James Granjon, vue de l'exposition

 

 

 

granjon 02

 

"Jalouse 2" (Nadja), 2003/2005
Huile sur bois, 160x200 cm

 

icone pdf Dépliant de James Granjon

On écoute James Granjon nous parler des techniques qu'il utilise pour réaliser ses oeuvres

james granjon portrait

 

icone pdf Dépliant de Jean-Frédéric Coviaux

On écoute Jean-François Coviaux nous présenter son travail

jean frederic coviaux portr

 

 

Conception
F. Guinot / B. Bruatto
Texte
Danielle Maurel

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