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Se plonger dans les portraits de Jean-Frédéric Coviaux, c’est éprouver, au-delà de la couche visible, la présence d’un arrière-pays de visages, à la fois daté et intemporel, car délesté de tout pittoresque. Intitulée « L’Anabase», évoquant à la fois l’élévation et la mort, la série d’encres sur papier propose un travail d’appropriation de daguerréotypes dénichés par l’artiste grenoblois. Effigies de vivants ou tableaux postmortem, les portraits témoignent d’un goût affirmé pour l’anonymat. On peut lire une célébration du minuscule dans l’aura de ces figures sobrement captées, en écho à une époque où le geste photographique était rarissime et l’oubli dévorateur. Le portrait vient alors raviver la simple présence immédiate, dans la tension entre le trait méticuleux et la vibration presque tremblée des teintes sourdes. Dans la mélancolie vaguement effarée qui nimbe certains portraits, on sent palpiter la surprise d’être là, d’avoir traversé les eaux d’une peinture éternelle pour voyager jusqu’à notre regard. Une sorte de vertige serein, né de cet arrachement au temps.
![]() "120309", 2009/2010
Encre sur papier, 1963x114 cm
("L'Anabase", série de 14 peintures)
![]() "241008", 2009/2010
Encre sur papier, 104x93 cm
("L'Anabase", série de 14 peintures) | ||
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James Granjon, vue de l'exposition

"Jalouse 2" (Nadja), 2003/2005
Huile sur bois, 160x200 cm
On écoute James Granjon nous parler des techniques qu'il utilise pour réaliser ses oeuvres

Dépliant de Jean-Frédéric Coviaux
On écoute Jean-François Coviaux nous présenter son travail

Conception
F. Guinot / B. Bruatto
Texte
Danielle Maurel