
Les toiles de Frédéric Diart forment d'étranges palimpsestes. Elles se présentent comme des fragments d'écorces arrachées à on ne sait quel magma refroidi, comme des amas de matières coagulées. Leur épaisseur même - couches d'acrylique et pigments travaillés par la colle et les solvants - cède le secret dont elles procèdent. A l'origine des tableaux de Frédéric Diart, il y a l'écriture, comme, dans certaine tradition, au commencement il y a le verbe. Un texte donc, mais dont la lisibilité est étouffée par sa propre prolifération, son auto-saturation, son recouvrement, avant que sa trace soit enfin prise et fossilisée dans l'empâtement de la peinture elle-même attaquée par la réaction chimique des solvants. La mémoire textuelle qu'enfouit le peintre interroge sur la mutilation qu'il fait subir à la langue, son inhumation dans la matière jusqu'à son atroce mutité. Quand on saura qu'avec " des notions considérées comme fondamentales ; quête d'absolu, infinitude, éthique, art, condition humaine ", Frédéric Diart retient dans ses inscriptions des bribes de témoignages sur les camps de concentrations et d'exterminations nazis, on comprendra un peu mieux la nature du travail métaphorique qu'il assigne à ses peintures énigmatiques.
Jean-Pierre CHAMBON - " Périphériques ".

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( 90 x 73 cm ) - 2004


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( 70 x 39 cm )
1998 / 2000 / 2003

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( 57 x 49 cm ) - 2003 / 2004


( 80 x 60 cm ) - 2005

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