Sixième des dix rencontres avec les habitants programmées sur l’ensemble de la ville, celle du secteur Gabriel-Péri s’est tenue le samedi 28 novembre. "Il faut absolument des ralentisseurs dans la rue d’Alembert !", réclame une riveraine ulcérée par la vitesse des véhicules. "Non, il vaut mieux mettre la voie en sens unique", objecte un voisin. "Ça risque d’aggraver les choses car la vitesse sera ainsi plus grande !", renchérit un troisième.
Les débats de la visite furent à l’image de cet échange : diversifiés et parfois contradictoires.
Nuisances
La proximité du domaine universitaire fut bien évidemment la première source de récriminations, avec particulièrement les nuisances sonores qu’induisent certaines initiatives, tant du côté des soirées du "Chamois d’or" que des concerts initiés par l’Espace vie étudiante, Eve. Si l’importance des nuisances occasionnées fut relativisée avec les milliers d’étudiants fréquentant quotidiennement le campus, la question ne fut pas négligée pour autant. Le maire rappela d’ailleurs le contexte du concert d’Eve qui avait créé beaucoup de protestations et qui s’était tenu sans autorisation. Arguant que "les fermetures administratives sont du seul ressort du préfet", René Proby indiquait que des interventions étaient en cours. "La discussion pour nous est essentielle", soulignait-il, "c’est comme cela que d’autres situations tendues comme avec "l’Art scène" ou "le No Name" ont pu être décrispées". Et d’ajouter : "Nous interviendrons, mais tenez nous informés afin que l’on puisse avancer ensemble. Il faut faire partager l’idée que chacun doit respecter l’autre ! "
Police
Les griefs ne se sont pas, cette fois-ci, limités à la présence d’incivilités, mais aussi à la faible réaction de la Police nationale, voire ses refus d’intervention. Des témoignages forts furent d’ailleurs apportés en ce sens. "Il faut savoir que le nombre de policiers dans l’agglomération a beaucoup diminué et risque de diminuer encore ! ", faisait remarquer le maire. Les interventions de la Ville ne peuvent suppléer cet état de fait. "Nous avons renforcé la Police municipale, qui comprend aujourd’hui 13 personnes. Nous avons fait construire un bureau de police avenue Benoît-Frachon où il devait y avoir 24 policiers plus 6 jeunes en formation. Aujourd’hui, il y en a moins de la moitié et encore sur un territoire qui concerne aussi Gières et une partie de Grenoble ! Il est difficile de sécuriser correctement notre commune dans ces conditions-là, il y a besoin d’une police de proximité !" "Assurément », lança un habitant, "il n’en demeure pas moins qu’un peu de civisme chez les gens est toujours nécessaire ! "
Déplacements
Suite à l’intervention de Pascal Metton sur la nécessité de revoir les déplacements, un intervenant vitupéra "les cyclistes qui circulent à contresens sur la piste cyclable de l’avenue Péri, parfois trop vite et sans lumière". Se sentant visé, un de ceux-ci répondit "qu’il était normal de rouler à contresens pour éviter d’avoir à traverser deux fois l’avenue : cela faisait un raccourci." Pour Rémy Tranchant, directeur de l’aménagement urbanistique, "ces oppositions, qui traduisent une inversion des relations antérieures, sont des questions de comportements à faire évoluer pour savoir comment on se partage l’espace public". Opinion confirmée par Philippe Serre, conseiller délégué aux déplacements, qui souligna l’évolution "d’une ville construite pour le tout voiture en un espace où cohabitent cyclistes et piétons" et ajouta que "quels que soient les aménagements envisagés, cela ne doit pas faire l’impasse sur la modification nécessaire des comportements". MB
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