La septième rencontre de quartier a concerné le quartier Sud, connu par les plus anciens Martinérois sous le nom de Teyssère, par un temps glacial mais ensoleillé, favorisant une importante participation des habitants.
Chaque lieu de rendez-vous s’est signalé par un rassemblement nombreux de riverains battant la semelle dans l’attente des élus. Dès l’arrivée de ceux-ci, c’était aussitôt une succession d’interventions et de discussions. Circulation, stationnement, incivilités, faisaient partie du lot commun des récriminations exprimées à chaque visite de quartier. Avec ici des problèmes plus spécifiques. Telles des relations de voisinage conflictuelles ; des plaintes à l’égard d’un casseur "qui fait illégalement des réparations sept jours sur sept" générant de multiples nuisances pour son voisinage ; ou encore des récriminations à l’égard d’une association "suscitant stationnements anarchiques et dangereux" et "débit de boissons illicite" aux conséquences néfastes pour les riverains. On recueille les témoignages, on prend note, on rappelle les interventions réalisées, on annonce que des mesures vont être prises.
D’autres sujets importants suscitent des échanges plus prolongés.
La “barre Chopin”
Ce vestige de l’ancienne galerie commerciale qui a été ravagée par le feu, apparaît comme un site désolant au cœur du quartier. Une constatation partagée par tous, expliquant quelques aigreurs d’intervention. "On a le sentiment que rien ne progresse !", s’alarment des habitants. "Oui elle est abominable, oui il faut la démolir !", déclare le maire, René Proby demandant toutefois à ce que l’on se préoccupe également de la pérennisation des commerces. José Arias, adjoint en charge de l’urbanisme, fait l’historique de la situation. Il rappelle les projets qui avaient été liés au GPV, un programme abandonné par le gouvernement suivant, imposant de changer son fusil d’épaule. "Les commerces ont continué à y fonctionner ", signala-t-il en précisant qu’il s’agissait d’un espace privé. "Aujourd’hui, c’est à 50 % Ville, 50 % privé. L’acquisition est en cours, mais il faut négocier. Si l’accord ne se fait pas, il faudra déclencher une déclaration d’utilité publique, DUP. D’autre part, le POS ne permet pas de construire : il faut attendre les modifications liées au PLU. On ne peut donc légalement rien faire avant 2011. Cela ne veut pas dire qu’on va attendre, mais nous essayons de répondre en fonction de notre capacité de négociation selon les règles du privé !" Une réflexion est en cours : "Nous reviendrons vous voir sur ce sujet précis", lança le maire.
Les terrains Rival
La situation de familles Roms qui squattent depuis plusieurs mois l’ancienne station Esso a suscité maintes interventions d’indignation et d’inquiétude. 600 d’entre eux ont été chassés de la région lyonnaise par le préfet de Région, est-il expliqué, et sont venus se réfugier dans l’agglomération grenobloise. Quelques-uns sont venus sur SMH. Leurs conditions d’hébergement et d’hygiène déplorables ont fait l’objet d’interventions scandalisées. "On ne peut être la pompe à misère de l’agglomération", explique René Proby, qui précise : "on prendra nos responsabilités, mais la Ville de SMH ne peut pas tout, toute seule !" Et d’ajouter : "Méfions-nous des aménagements, même minimum, qui peuvent être réalisés et susceptibles d’attirer des rassemblements encore plus nombreux !" Des enfants ont été accueillis à l’école Paul-Eluard, des hébergements localisés effectués, l’association Rom’action intervient en liaison avec le CCAS. "Nous sommes confrontés à un cadre qui nous dépasse", commente José Arias qui ajoute que "ces gens-là n’auront un statut qu’en 2013 !" L’indignation est donc légitime, mais c’est un problème qui doit trouver sa solution à un autre niveau. Pour sa part, la Ville poursuit ses sollicitations.
L’occupation de ce site suscite dans la foulée des questions sur les projets affectant les terrains Rival, "une réserve foncière dont nous ne sommes pas propriétaires", précise José Arias. "Il y a deux projets non opérationnels", ajoute-t-il. "L’un visant à construire quelques logements le long de l’avenue Marcel-Cachin pour conforter les services du quartier. L’autre, en concertation avec la Métro et la Ville de Grenoble, envisageant la réalisation d’un espace de loisirs avec une implantation nautique sur un terrain de quelque 6 ha. Mais c’est un projet onéreux qui demande une ample concertation". "Après les visites, la vie continue !", conclut Elizabeth Pepelnjak, rappelant les services disponibles dans le quartier et les prestations offertes à la population, à la centaine de personnes qui avait rempli le préau de l’école primaire Paul-Bert. MB
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